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Descriptif

Lettre d'André Breton à sa fille Aube, datée de Paris, le 16 septembre 1959.

Outre les nouvelles qu'il donne du groupe, des amis, André Breton exprime son sentiment sur la conquête spatiale qui démarre avec l'arrivée de la sonde Luna 2 sur la Lune.

 

Transcription

Paris, le 16 septembre 1959

Ma Petite Aube chérie,

Merci de m'avoir fait assister à la grande fête de Marie-Laure. J'attends impatiemment que Match paraisse. Il faudrait que le vernissage de l'exposition surréaliste ne le cède en rien à un tel bal quoiqu'elle ne puisse déployer que des fastes d'un ordre différent.

Comme tu le sais, nous avions quelque peu abrégé le temps des vacances pour pouvoir joindre à Paris Marcel, qui n'y restait que jusqu'au 15. Je ne l'ai vu que trop brièvement à mon gré mais il en est toujours ainsi avec lui. Assez, cependant, pour avoir pu obtenir de lui les quelques suggestions espérées. Veux-tu bien dire à Mimi, que cela concerne tout spécialement, que sur la boîte, à la place du mot « Lettres », figurera (sur deux lignes) l'inscription « Missives lascives ». Le grand problème reste l'unité de structure de l'ensemble, dans la mesure où nous n'avons pas à notre service un architecte, comme lors de l'exposition de 47. Il faudra aviser dès le retour de Mimi, Jean et Yves à Paris (si la moto le veut). Cordier ne doit, d'ailleurs, rentrer qu'après-demain.

Presque tout le monde, déjà, au café (sauf Jean-Louis, Bounoure, Jean-Jacques... qui nous a mis cet été, en Pologne, à Milan et ailleurs, dans de beaux draps et n'a, de ce fait, pas l'air trop pressé de revenir). Le temps est exceptionnellement beau. José Pierre va bien. Benjamin, à qui est prescrite une nouvelle semaine d'hôpital, se démène beaucoup trop à la recherche d'appartements jamais assez bien pour lui.

Mon petit chéri, tu sais que je n'aime jamais parler de cela mais je ne saurais tout de même te mettre trop en garde contre un échec à l'oral d'octobre. Songe, je t'en prie, à ce que toute ta condition gagnerait à ne plus avoir à retourner à l'école. Il suffit de très peu d'efforts, je crois, mais d'un dernier effort cependant.

Un peu sombre aujourd'hui je suis. Encore sous le coup de cet « alunissage » qui me paraît à tous égards détestable. Rien ne peut faire que ces messieurs n'aient souillé d'ores et déjà un des deux grands luminaires (on dit qu'à la lunette on peut apercevoir en noir le point d'impact sur la « mer de la Tranquillité » : tout un programme). C'est la poésie tout entière qui est touchée. Un ver qui s'insinue dans les Hymnes à la Nuit de Novalis. Auprès de cela, les sinistres pitreries de K. et le discours attendu ce soir de De G., bien qu'ils constituent une abominable farandole sur des cadavres, sont totalement frappés de dérision.

Dis-moi, ma petite Aube, quand vous pensez revenir.

Embrasse Yves pour moi. Dis à Mimi que je vais lui répondre aussitôt après avoir vu Cordier (après-demain) et que les enveloppes sont très belles, sans compter la rouge éminemment désirable. À elle, à Jean, en attendant ma plus affectueuse pensée.

Tendrement.

André

 

Bibliographie

André Breton (Jean-Michel Goutier éd.), Lettres à Aube, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 2009, p. 126 à 128

Allocution de De Gaulle le 16 septembre 1959, INA

Librairie Gallimard

Date de création16/09/1959
Date du cachet de la Poste16/09/1959
Adresse de destination
Notes bibliographiques

2 pages in-4°
En tête de l'exposition interntationale du surréalisme 1959 – 1960 EROS
Enveloppe conservée

Lieu d'origine
Bibliothèque

Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Paris : Ms Ms 41363_147

Modalité d'entrée dans les collections publiquesDon Aube et Oona Elléouët à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, Paris, 2003
Nombre de pages2
Crédit© Aube Breton, Gallimard 2009
Référence19004984
Mots-clés, ,
CatégoriesCorrespondance, Lettres d'André Breton
Série1959-1960, [E.R.O.S.], [Correspondance] Lettres à Aube
Lien permanenthttps://cms.andrebreton.fr/fr/work/56600101000151
Lieu d'origine
Lieu d'arrivée

Notice reliée à :

1 Œuvre
 
False

Hymnes à la nuit

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Friedrich von Hardenberg, dit Novalis

Poème de Novalis paru en 1950 aux Éditions Falaize à Paris, traduit de l'allemand vers le français par Armel Guerne.

Une notice descriptive, un lien.