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Portrait de Nusch Éluard

Photographie

Auteur

Personnes citées Nusch Éluard, Lise Deharme, parfois dite Lise Hirtz
Photographe Man Ray

Descriptif

Portrait réalisé en 1935 lors du tournage du film de Man Ray Essai de simulation du délire cinémathographique dont le scénario fut écrit par André Breton et Paul Éluard.

Tampon au dos : « Man Ray, Paris V, 8 rue du Val-de-Grâce Téléph. Danton 92-25 » (image du dos manquante).
Photographie réalisée lors du tournage du film de Man Ray Essai de simulation du délire cinémathographique.

 

Chez Lise Deharme à Montfort-en-Chalosse dans les Landes. Dans le catalogue Man Ray, il a pour titre "Tu me retrouverais toujours, dit le sphynx"

[Anne Egger, 2023, Atelier André Breton]

 

« André Breton, Paul Éluard, leurs femmes et moi-même, nous fûmes, pendant un été, les invités d'une femme charmante, écrivain, que le surréalisme et ses représentants fréquentaient. C'était vers le milieu des années 30. La maison de campagne de Lise Deharme était pleine de coins et de recoins, d'objets étranges et de vieux meubles rococo. C'était dans les Landes. Un ami m'avait donné une petite caméra, que j'emportai pour garder sur pellicule quelques souvenirs de notre séjour. On décida, pour passer le temps, de faire un film surréaliste. C'était une entreprise fort ambitieuse, et mon matériel était inadéquat, mais j'acceptai cette suggestion avec empressement. C'était l'occasion de faire quelque chose en collaborant intimement avec les surréalistes, que je n'avais pas consultés lors de mes précédentes tentatives ; c'était l'occasion de me réhabiliter. Breton et Éluard passèrent une journée à rédiger une ébauche de scénario. Tout le monde devait participer au film. Il y eut des séquences de femmes, étrangement vêtues, errant à travers la maison et le jardin... Il y eut une séquence où Breton lisait, assis près d'une fenêtre, une grande libellule posée sur le front. Mais André était un très mauvais acteur : il perdit patience et abandonna son rôle. Je le comprends : au fond de moi-même j'ai toujours détesté la comédie, les feintes. La meilleure partie de la séquence, c'était la fin, quand Breton se mettait en colère. Ça, ce n'était pas du tout de la comédie. Au bout de quelques séances - pendant lesquelles j'eus des ennuis avec mon appareil, qui se bloquait souvent, ce qui me fit perdre la moitié des prises de vues - j'abandonnai l'opération, au grand regret de tous. De retour à Paris, je sauvai ce que je pus du film, qui avait l'air très prometteur. Mais il n'y en avait pas assez pour faire un court métrage. J'en tirai cependant quelques bons clichés qui furent reproduits dans une revue d'art où il était annoncé que j'avais tourné un film surréaliste. » Man Ray (Autoportrait, Paris, Robert Laffont, 1964, pp. 253-254).

 

 

 

Bibliographie

- Paris, Musée national d'art moderne / Centre Georges Pompidou, Man Ray photographe, 1982, rep.p. 204, n° 257 (autre tirage)
- Paris, Musée national d'art moderne / Centre Georges Pompidou, André Breton, la beauté convulsive, 1991, rep. p. 296
- Paris, Musée national d'art moderne / Centre Georges Pompidou, La Révolution surréaliste, 2002, rep.p. 74 (autre tirage)
- Düsseldorf, K20 Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Surrealismus 1919-1944, 2002, rep.p. 74 (autre tirage)

Date de création1935
Notes17,6 x 13,2 cm (6 7/8 x 5 1/4 in.)
Lieu d'origine
Crédit© Man Ray Trust / ADAGP, Paris, 2005.
Référence4105001
Vente Breton 2003Lot 5175
Mots-clés, ,
Catégories[Photos] 1931-1939
Série1991, La Beauté convulsive, centre Pompidou
Lien permanenthttps://cms.andrebreton.fr/fr/work/56600100069710
Lieu d'origine